L'impression 3D ULTEM produit des pièces thermoplastiques haute performance capables de supporter 216 °C en continu, avec une résistance à la traction de 81 MPa. Ce polyéthérimide (PEI) développé par SABIC est aujourd'hui le polymère de référence pour les pièces cabine aéronautiques certifiées et les dispositifs médicaux stérilisables. Chez Cadvision, nous accompagnons les industriels dans la qualification et la production de pièces en PEI, en combinant nos imprimantes 3D industrielles haute température avec les grades ULTEM certifiés du marché.
Selon SmarTech Analysis, le marché des polymères haute performance imprimés en 3D (dont l'ULTEM, le PEEK et le PEKK) a dépassé 650 millions de dollars en 2025, tiré à 62 % par l'aéronautique et le médical. En 2026, Airbus, Boeing, Stratasys et SABIC ont qualifié plus de 120 références de pièces ULTEM en production série. Cet article détaille les propriétés techniques, les différences entre les grades 1010 et 9085, les paramètres d'impression 3D ULTEM et les secteurs utilisateurs.
Qu'est-ce que l'ULTEM et pourquoi l'utiliser en impression 3D
L'ULTEM est la marque commerciale SABIC du polyéthérimide (PEI), un thermoplastique amorphe haute performance développé dans les années 1980. En effet, ce polymère combine une tenue thermique exceptionnelle (Tg à 217 °C), une résistance chimique élevée et une classification V-0 au feu sans additifs retardateurs. L'impression 3D ULTEM exploite ces propriétés pour produire des pièces fonctionnelles là où l'ABS, le PC ou le nylon échouent.
Les raisons de privilégier l'ULTEM en fabrication additive sont les suivantes :
- Tenue thermique : 213 à 216 °C en continu selon le grade, inégalée hors PEEK.
- Résistance mécanique : 81 MPa en traction et 3 200 MPa en module d'élasticité.
- Comportement au feu : classement UL94 V-0 natif, pas d'additifs retardateurs requis.
- Résistance chimique : stable face aux hydrocarbures, acides dilués et fluides aéronautiques.
- Certifications aéronautiques : grade 9085 conforme à la norme FAR 25.853 et OSU 65/65.
- Biocompatibilité : grades médicaux ISO 10993 pour contact court terme.
C'est pourquoi les bureaux d'études aéronautiques, spatiaux et médicaux qualifient systématiquement l'ULTEM dans leurs cahiers des charges additive manufacturing.

ULTEM 1010 vs ULTEM 9085 : quelles différences techniques
L'impression 3D ULTEM se décline en deux grades industriels principaux : le 1010 et le 9085. Autrement dit, choisir le bon grade conditionne la certification finale de la pièce et son domaine d'usage. Ces deux matériaux ne sont pas interchangeables malgré leur base PEI commune.
Les différences techniques structurantes entre les deux grades sont :
- Tenue thermique : 213 °C pour le 9085, 216 °C pour le 1010.
- Résistance traction : 69 MPa pour le 9085, 81 MPa pour le 1010 (nettement supérieure).
- Certification feu : 9085 conforme FAR 25.853 et OSU 65/65, 1010 non certifié cabine.
- Biocompatibilité : 1010 certifié ISO 10993 et NSF 51, 9085 non biocompatible.
- Stérilisation : 1010 autoclavable 134 °C, gamma et EtO.
- Prix indicatif : 450 à 600 €/kg pour le 9085, 550 à 750 €/kg pour le 1010.
Concrètement, le 9085 est le grade de référence pour l'intérieur cabine aéronautique (conformité feu, fumée, toxicité) et le 1010 pour le médical, l'alimentaire et les applications à forte contrainte mécanique ou thermique. Notre catalogue référence les deux grades sur les pages ULTEM 1010 et ULTEM 9085.
Paramètres d'impression 3D ULTEM en FDM industriel
L'impression 3D ULTEM est exigeante et nécessite une imprimante FDM haute température dédiée. En effet, ce polymère fond à 340-390 °C et impose une enceinte chauffée à 160 °C minimum pour éviter warping et décollement. Une imprimante de bureau ou une machine industrielle standard ne permet pas d'imprimer du PEI avec une qualité certifiable.
Les paramètres d'impression critiques à respecter pour l'ULTEM sont :
- Température buse : 360 à 390 °C pour le 1010, 350 à 380 °C pour le 9085.
- Température enceinte : 160 à 180 °C obligatoire pour des pièces certifiables.
- Température plateau : 150 à 180 °C avec surface spécifique PEI.
- Vitesse d'impression : 25 à 45 mm/s, plus lent que le PC.
- Séchage filament : 150 °C pendant 4 à 6 h avant impression, le PEI est très hygroscopique.
- Atmosphère inerte : recommandée pour les grades médicaux et aéronautiques critiques.
Par conséquent, seules les imprimantes industrielles comme les INTAMSYS FUNMAT PRO 610 HT ou les Stratasys Fortus permettent d'imprimer de l'ULTEM en qualité production. Notre catalogue d'imprimantes 3D industrielles référence les machines compatibles avec les filaments PEI certifiés.
Applications industrielles de l'impression 3D ULTEM
L'impression 3D ULTEM s'impose dans toutes les applications où une pièce polymère doit supporter des températures supérieures à 150 °C, résister à des agents chimiques agressifs ou passer des certifications feu-fumée-toxicité strictes. De plus, la biocompatibilité du grade 1010 en fait un matériau privilégié pour l'instrumentation médicale stérilisable.
Les applications les plus courantes documentées chez nos clients industriels incluent :
- Pièces cabine aéronautique : coffres à bagages, tables, grilles d'aération, caches techniques.
- Conduits techniques : conduits de ventilation moteur, isolants thermiques, carters turbomachines.
- Outillage haute température : gabarits de cuisson composite, formes autoclave jusqu'à 180 °C.
- Instrumentation médicale : supports chirurgicaux stérilisables, guides d'imagerie, pièces autoclave.
- Équipements laboratoire : pièces exposées aux solvants, supports d'expérimentation chauffés.
- Défense et spatial : supports embarqués, pièces de satellites, isolateurs thermiques.

Par exemple, Airbus et Boeing ont qualifié plus de 1 000 pièces ULTEM 9085 dans leurs appareils de nouvelle génération, représentant un gain de poids moyen de 45 % face aux pièces aluminium équivalentes.
ULTEM face aux autres polymères haute performance
L'impression 3D ULTEM se positionne dans le segment premium de la fabrication additive polymère, aux côtés du PEEK, du PEKK et des composites carbone. Autrement dit, le choix entre ces matériaux se fait en fonction du couple température, résistance mécanique et certification cible. Voici un comparatif technique des cinq polymères haute performance les plus utilisés.
À noter que le PEEK dépasse l'ULTEM en tenue thermique et mécanique, mais coûte en moyenne 2 à 3 fois plus cher. C'est pourquoi l'ULTEM reste le premier choix pour la majorité des projets industriels haute performance.
Secteurs utilisateurs de l'impression 3D ULTEM
L'impression 3D ULTEM se concentre sur les secteurs industriels soumis à des cahiers des charges thermiques, chimiques ou réglementaires exigeants. De plus, l'ULTEM 9085 est aujourd'hui le seul thermoplastique FDM certifié sans restriction pour l'intérieur cabine aéronautique, ce qui en fait un pilier de la transformation additive des avionneurs mondiaux.
Les secteurs clés où l'ULTEM est massivement déployé sont :
- Aéronautique civile : intérieur cabine, pièces de rechange, outils de maintenance.
- Spatial : caches satellites, supports embarqués, isolants thermiques orbitaux.
- Médical : instruments chirurgicaux stérilisables, guides d'imagerie radio-transparents.
- Pharmaceutique : outillage d'usines conforme FDA et BPF, pièces ligne de production.
- Automobile haute performance : pièces moteur, supports sous capot, prototypes Formule 1.
- Défense : supports embarqués, pièces de drones, équipements terrain certifiés.
Chez Cadvision, nos projets aéronautiques récents ont confirmé des gains de délai de 12 semaines sur la production de pièces de rechange cabine en ULTEM 9085, face à la filière injection certifiée classique.

Coûts, volumes et ROI de l'impression 3D ULTEM
L'impression 3D ULTEM reste un investissement lourd : machine, filament et compétences opérateur se cumulent pour atteindre des coûts pièces significativement supérieurs aux polymères standards. Concrètement, une pièce ULTEM coûte 3 à 6 fois plus cher qu'une pièce PC équivalente, mais reste 5 à 10 fois moins chère qu'une pièce aluminium aéronautique certifiée.
Les fourchettes de coûts observées en 2026 pour une production ULTEM sont :
- Filament PEI 9085 : 450 à 600 €/kg en bobine industrielle certifiée.
- Filament PEI 1010 : 550 à 750 €/kg, surcoût lié à la biocompatibilité.
- Machine haute température : 80 000 à 350 000 € selon le volume d'impression et la marque.
- Coût pièce type : 80 à 400 € pour une pièce cabine aéronautique standard.
- ROI machine : 18 à 30 mois pour un atelier produisant 500 pièces ULTEM par an.
- Comparaison filière traditionnelle : gain moyen de 60 à 85 % sur les pièces de rechange aéronautiques.
Autrement dit, l'ULTEM devient pertinent dès qu'une pièce exige une certification, un stock zéro ou une géométrie impossible à usiner. Notre catalogue de matériaux FDM détaille les grades disponibles et leurs fiches techniques.
FAQ impression 3D ULTEM
L'impression 3D ULTEM est-elle possible sur une imprimante de bureau ?
Non, l'ULTEM exige impérativement une imprimante FDM industrielle haute température. Le PEI fond à 340-390 °C et requiert une enceinte chauffée à 160-180 °C, conditions absentes des machines de bureau. Sans ces équipements, les pièces subissent délaminage, warping et perte totale de leurs propriétés certifiables. Seules les machines industrielles comme les INTAMSYS FUNMAT PRO 610 HT ou les Stratasys Fortus permettent une impression ULTEM qualifiée pour l'aéronautique ou le médical. Le budget d'entrée démarre à 80 000 € pour une machine fiable.
Quelle est la différence entre ULTEM 1010 et ULTEM 9085 ?
L'ULTEM 1010 offre 216 °C de tenue thermique, 81 MPa de traction et une biocompatibilité ISO 10993 pour le médical. L'ULTEM 9085 plafonne à 213 °C et 69 MPa, mais obtient la certification FAR 25.853 pour les intérieurs cabine aéronautique. Le 1010 se destine au médical et à l'outillage composite chaud, le 9085 à l'aéronautique certifié. Le choix dépend exclusivement du cahier des charges réglementaire et de la contrainte mécanique visée.
L'ULTEM est-il compatible avec les normes aéronautiques FAR 25.853 ?
Oui, exclusivement pour le grade 9085 commercialisé par Stratasys et SABIC. L'ULTEM 9085 est certifié FAR 25.853, OSU 65/65 et Airbus ABD 0031 pour les pièces intérieur cabine soumises aux normes feu, fumée, toxicité. Airbus, Boeing, Bombardier et Embraer ont qualifié le 9085 pour plusieurs centaines de références de pièces cabine. Le grade 1010 n'est pas certifié cabine. La certification reste spécifique au grade et au process validé chez le manufacturier, il faut donc passer par un filament tracé et certifié.
L'ULTEM est-il biocompatible pour des applications médicales ?
Oui, le grade ULTEM 1010 est certifié ISO 10993 et NSF 51 pour un contact court terme avec les tissus et les aliments. Il est stérilisable en autoclave à 134 °C, par rayonnement gamma et par oxyde d'éthylène (EtO). Cette combinaison en fait un matériau de choix pour les instruments chirurgicaux réutilisables, les guides d'imagerie et les dispositifs stérilisables. Pour les implants long terme, il faut passer au PEEK qui offre une biocompatibilité ISO 10993 étendue. Cadvision accompagne les fabricants dans la qualification biomédicale de leurs pièces ULTEM 1010.
Quel est le prix réel d'une pièce imprimée en ULTEM ?
Le prix d'une pièce ULTEM varie de 80 à 400 € selon la taille, la complexité et le grade. Par exemple, une pièce cabine aéronautique de 300 g en 9085 coûte environ 180 € (matière, temps machine, post-traitement). Une pièce médicale stérilisable en 1010 de même taille atteint 250 à 300 €. Ces prix restent inférieurs de 60 à 85 % aux pièces équivalentes fabriquées par la filière aluminium usiné certifié aéronautique. Pour un devis précis, Cadvision propose une analyse technico-économique à partir de votre fichier CAO.
Peut-on post-traiter l'ULTEM imprimé en 3D ?
Oui, l'ULTEM se prête à plusieurs opérations de post-traitement. Les techniques les plus courantes sont l'usinage de reprise CNC (pour les tolérances serrées), le ponçage fin jusqu'à 800 grains, la métallisation par pulvérisation pour l'écrantage électromagnétique et la peinture conforme aux exigences cabine. Le lissage chimique n'est pas recommandé car les solvants compatibles avec le PEI sont dangereux et peu efficaces. Les pièces aéronautiques subissent systématiquement une étape d'inspection dimensionnelle par scanner 3D avant livraison.
Lancer votre projet d'impression 3D ULTEM avec Cadvision
Démarrer une production de pièces en ULTEM demande une analyse fine du besoin (grade 1010 ou 9085), un dimensionnement machine adapté au volume annuel et une qualification process si la pièce est soumise à certification. Chez Cadvision, nous accompagnons les bureaux d'études aéronautiques, médicaux et industriels dans toute la chaîne, de l'audit à la formation des opérateurs. Contactez notre équipe technique pour obtenir un diagnostic de vos pièces candidates à l'impression 3D ULTEM et une proposition commerciale sur mesure.


